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Ecologie et santé
Les fondements écologiques de la santé
Soyons sérieux. C'est très abusivement que les discussions, manifestations et décisions concernant la Sécurité sociale sont habituellement groupées sous le terme de “politique de santé”. C'est en fait de politique des soins qu'il s'agit, c'est-à-dire de gestion de la maladie. Le “coût de la santé” est un non-sens : la santé n'a pas de prix, mais c'est la maladie qui est chère. Passant outre les fausses évidences et les battages publicitaires de tous ordres destinés avant tout à préserver des situations acquises et à maintenir un confort intellectuel propice à toutes les compromissions, nous devons prendre le débat par l'autre bout, le seul intéressant, celui de la santé, de ce qui la favorise et de ce qui la menace. D'après les spécialistes, 80 % des cancers sont liés à l'environnement. La seule alimentation semble responsable de 25 % des maladies cardio-vasculaires et de 20 % des cancers. Les accidents de la route font chaque année l'hécatombe que l'on sait. C'est sur ces facteurs et bien d'autres qu'il faut agir, faute de quoi la maladie sera bientôt le centre de notre vie et le moteur de notre économie, ce qui serait tout de même un comble !
Il apparait à la réflexion que les sources de santé – et de maladie – sont, dans notre environnement, au nombre de cinq: l'agriculture, l'alimentation, l'industrie, l'habitat et le travail. C'est donc à leur niveau qu'il faut intervenir, mais comme ils sont inter-corrélés de multiples manières, on ne peut les dissocier. Si bien que sur ces cinq piliers se construisent en vérité deux projets de société. L'un, qui a la faveur de nos technocrates passéistes et frileux, et surtout avides de pouvoir, consiste à poursuivre en l'aggravant l'évolution actuelle dont le redoutable bilan, particulièrement sanitaire, n'est hélas pas encore dressé, et l'autre qui tend non pas à revenir à un passé qui certes n'était pas d'or, mais à sélectionner et à utiliser enfin des techniques adaptées au meilleur équilibre de l'homme dans son milieu, ce qui est proprement la définition d'une politique écologique. Ainsi vont s'opposer point par point deux styles de vie.

Au niveau de l'agriculture
L'agro-industrie est basée sur l'augmentation des rendements bruts, avide de produits industriels (engrais, pesticides), hyper-mécanisée, grande consommatrice d'énergie et dévoreuse de surfaces, chassant de la terre de nombreux paysans et prolétarisant ceux qui restent. L'agrobiologie au contraire est soucieuse de la valeur hygiénique et nutritionnelle de sa production, attachée à la réalisation d'équilibres optimaux entre l'animal et le végétal et à la conservation de la qualité humique des sols, très économe de surfaces comme d'énergie, source de nombreux emplois.

Au niveau de l'alimentation
Les aliments d'aujourd'hui voient trop souvent leur valeur biologique diminuée aux différents stades de la chaîne de production, et contiennent de nombreuses nuisances, résidus et ajouts dont la signification toxicologique est très loin d'être éclaircie. Standardisée, monotone, habituellement déséquilibrée, et consommée dans des conditions qui souvent tiennent plus de la mangeoire que de la restauration, notre alimentation ne remplit pas ses trois devoirs : nourrir, réjouir et réunir. Il faut donc oeuvrer à l'inverse pour obtenir des denrées propres, de bonne valeur biologique, personnalisées et sapides, une ration rééquilibrée aux dépens des produits animaux, et pour favoriser une consommation plus conviviale.

Au niveau de l'industrie
L'industrialisation forcenée que nous connaissons et les concentrations qui en résultent se soldent par le gaspillage énergétique et humain, et la toute-puissance des multinationales. Il faut y mettre un frein par une décentralisation réelle des entreprises et une multiplication géographique des sources énergétiques, qui seules peuvent permettre une redistribution des pouvoirs à l'échelle humaine.

Au niveau de l'habitat
La concentration humaine a fait surgir les cités-dortoirs, l'ennui, les difficultés de transport, la fatigue. On vit mieux dans des agglomérations plus restreintes. On y parle à son voisin, et l'on peut même avoir son jardin à proximité !

Au niveau du travail enfin
Nous connaissons la chaîne, le travail lié, et finalement le chômage. Plus que d'une “politique de l'emploi” – de n'importe quel emploi où l'homme n'est individuellement que machine et collectivement que masse de manoeuvre – nous avons besoin d'une concertation privilégiant la définition des besoins et la recherche de l'aspect gratifiant, personnalisant, de l'activité de chacun. C'est ainsi tout l'ensemble de la vie, et donc la santé, qui vont dépendre du choix que l'on fera entre :
– d'un côté le gaspillage énergétique et la fuite en avant dans la folie nucléaire, l'exode rural et le déracinement, les transports interminables et l'omniprésence de la voiture, les nuisances de tous ordres, la sujétion généralisée – de l'autre de fantastiques économies d'énergie et la promotion massive des énergies douces renouvelables, la vie au pays, l'agriculture à temps partiel, le travail à proximité, où l'on peut aller en vélo ou en transports en commun de gestion très légère, l'air propre, l'eau pure, l'alimentation saine, la reconquête enfin de l'autonomie.
Ne nous leurrons pas : il ne s'agit pas là de vision “angélique”, mais d'un très dur combat à engager contre le passéisme, les idées reçues, les pouvoirs en place, et souvent nous mêmes. Mais il n'est que temps pour nous tous, et principalement pour les professions de santé, de prendre position sur ce choix de société. Faute de cette prise de conscience et de responsabilité, les vaticinations sur la “politique de santé” ne seront plus bientôt – avez-vous remarqué que cela déjà commence ? – qu'une méditation sur la mort.

Il n'est sans doute pas inutile de préciser que ce texte est paru dans « Le Courrier de la Baleine » de… nov.-déc. 1980. 35 ans après (décembre 2015), on voit hélas que l'écologie (étymologiquement “l'économie domestique de notre maison la Terre”) est complètement dévoyée dans des querelles passéistes. Hors quelques marginaux, elle n'intéresse plus personne Après nous, le déluge ! Et tant pis pour les générations suivantes.
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Dr Jean-Pierre Ruasse
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